Si vous arrêtez de payer 5 fonctionnaires à New York, vous pourrez nourrir tout un camp de réfugiés en Afrique: Marguerite Barankitse

Marguerite Barankitse Fondatrice de la Maison Shalom Photo: Wikipedia

Alors que le monde tourne les yeux aux réfugiés ukrainiens, les réfugiés burundais dans le camp de Mahama au Rwanda ne reçoivent que 3 dollars par personne pour tout un mois comme ration alimentaire depuis l’année dernière selon Marguerite Barankitse. Dans un événément commémoratif intitulé “Genocide Education in the 21st Centery” à Watertown aux États-Unis, Marguerite Barankitse a qualifié cela d’humiliation de la part du Haut-Commissariat des Nations- Unies pour les réfugiés (HCR). Elle a déploré le fait que l’année dernière, ils ont coupé la ration alimentaire d’un réfugié par mois à 3 dollars dans le camp de réfugiés de Mahama au Rwanda. “Ils ne peuvent pas nous humilier et donner trois dollars par personne et quand je vais les rencontrer, ils me servent une tasse de café d’une valeur de cinq dollars. Quand je demande en blaguant, combien coute cette tasse de café, ils disent 5 dollars, j’ai dit, vous obligez à une personne de consommer moins de la valeur d’une tasse de café pendant tout un mois? Si vous arrêtiez de payer 5 fonctionnaires à New York, vous auriez de quoi nourrir tout ce camp de réfugiés”, a partagé Maggy.

Activiste engagée dans l’humanitaire

Maggy promet de continuer à crier fort jusqu’au bout. “C’est mon devoir de défendre et de crier fort, en tant que mère, réfugiée et chrétienne pour qu’il y ait un changement. ” Bien sûre, je suis considérée comme une folle, mais je ne vais pas m’arrêter, je vais continuer, j’ai rêvé de ça, je ne peux pas accepter ce qu’ils font parfois, mais ils sont mes amis et ils admirent le travail que je fais. Comme vous voyez dans ce livret, je ne reçois aucun financement des agences des Nations-Unies, car je n’ai pas de plan d’action”, a souligné Maggy.

Maggy Barankitse surnommé Oma a insisté devant cet assemblée sur le mot Ubuntu. Pour elle, les organisations non gouvernementales ou internationales et les agences des Nations-Unies devraient se rappeler de leur première mission. Parce que selon elles, quand ces dernières deviennent grandes, elles oublient vite leur mission primordiale. “C’est notre devoir de se rappeler notre première mission, il faut aller sur le terrain et voir la réalité en face. Si vous regardez les salaires, vous comprendrez ce que je veux dire.

Réfugiés comme citoyens du monde

Selon Marguerite Barankitse, un réfugié est un citoyen du monde. C’est un être humain normal qui est dans une situation anormale. Pour changer cet être humain, il faut changer cette situation anormale dans laquelle il vit. “Nous ne sommes pas handicapés, nous avons des talents et si vous regardez le monde entier dans cette période de Covid-19, vous saurez la valeur des réfugiés. Les Etats-Unis sont fiers de Moderna, mais le propriétaire est descendant d’un réfugié arménien. Mais aujourd’hui tout le monde crie qu’ il est américain, en oubliant qu’il s’agit d’un descendant d’un réfugié. Pfizer, aujourd’hui, l’Allemagne est fier mais c’ est un descendant d’un Turque. Faites des recherches et vous verrez que ses ancêtres n’étaient pas d’origine allemande. Voyez-vous combien le monde est vraiment stupide? Alors, si je peux m’arrêter par là, je dirais, arrêtons d’être stupides et acceptons de reconstruire notre monde avec une nouvelle éthique, créer un monde pour tous”, a déclaré la fondatrice de Maison Shalom Internationale.

L’activiste dans l’humanitaire encourage les femmes à ne pas rater leur vocation. Elle a dit:” quand les femmes gagnent, c’ est le monde entier qui gagne. Les femmes représentent une énorme force de changement. Je lancerais ce message à mes sœurs, si le monde souffre c’est parce que les femmes ratent leur vocation. Les femmes sont crées pour transformer le monde, pour propager la joie et l’amour.”

Soulignons que Marguerite Barankitse comme d’autres réfugiés burundais vont totaliser ce mois d’avril sept ans d’exil . Alors qu’elle était surnommée Mère nationale, le gouvernement burundais la qualifie de criminelle. Elle ne lâche cependant pas son engagement d’humanitaire bien qu’elle soit poursuivie par la justice burundaise. Arrivée au Rwanda là où elle a eu son statut de réfugié, Maggy a vite installé Maison Shalom à Kigali.

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