Haïti : les gardes de sécurité du président font l’objet d’une enquête

PHOTO : ASSOCIATED PRESS / JOSEPH ODELYN
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De nombreuses questions sur les événements qui ont mené à l’assassinat de Jovenel Moïse restent sans réponse.

Le commissaire du gouvernement haïtien ordonne une enquête sur les agissements des agents chargés de la garde rapprochée du président Jovenel Moïse, assassiné dans sa résidence de la banlieue de Port-au-Prince mercredi.

Bed-Ford Claude veut en savoir davantage sur leurs agissements dans la nuit du 7 juillet, alors que l’homme d’État d’Haïti tombait sous les balles d’un groupe armé dans sa résidence privée.

Ils sont les responsables de la sécurité du président. Avec le juge de paix, j’ai passé une journée dans la résidence du président. Je n’ai constaté aucun policier victime sinon le président et son épouse, a déclaré Bed-Ford Claude, commissaire du gouvernement haïtien, au quotidien Le Nouvelliste.

La Direction centrale de la police judiciaire est donc responsable d’interroger tous les agents responsables de la sécurité de Jovenel Moïse, dans le but d’obtenir réponse à ces questions. La liste complète des policiers en poste cette nuit-là n’est toujours pas connue, les autorités tardant à la rendre disponible. Je dois l’avoir. Ils doivent me dire où ils étaient, a déclaré le chef du parquet de Port-au-Prince.

L’inspecteur Paul Eddy Amazan, responsable du Cat-Team (la garde rapprochée du président) et le commissaire Léandre Pierre Osman, responsable de l’Unité de sécurité du Palais (USP), doivent être interrogés par la justice mardi prochain.

Le commando dans le pays depuis plusieurs mois

Hier, les autorités annonçaient avoir arrêté 15 membres du commando soupçonnés de l’assassinat du président. 13 d’entre eux sont de nationalité colombienne, et 2 sont des ressortissants américains d’origine haïtienne. Huit suspects seraient toujours recherchés par les forces de l’ordre.

Les suspects de l'assassinat sont assis par terre, menotés.
Des membres présumés du commando responsable de la mort du président Jovenel Moïse, présentés aux médias hier en conférence de presse.
PHOTO : REUTERS / STRINGER

Fait toujours inexpliqué, 11 des prévenus ont été arrêtés hier dans l’ambassade de Taïwan en Haïti. Les policiers ont obtenu le feu vert des autorités consulaires taïwanaises avant d’entrer dans l’ambassade et de procéder aux arrestations.

On ne sait toujours pas pour quelle raison les assaillants se sont retrouvés dans le bâtiment.

Les deux Américains d’origine haïtienne arrêtés, James Solages et Joseph Vincent, auraient été embauchés comme traducteurs. Interrogé par le juge de paix Clément Noël, James Solages aurait affirmé que, à sa connaissance, la mission n’était pas d’abattre Jovenel Moïse, mais bien de le capturer.

La Presse révélait hier que M. Solages avait déjà travaillé comme garde du corps pour l’ambassade canadienne en Haïti.

L’interrogatoire de James Solages ajoute des pièces au casse-tête. Selon lui, le commando était en Haïti depuis plusieurs mois déjà. Lui-même serait entré au pays il y a un mois.

Quant à savoir s’il connaissait les commanditaires de l’attaque, M. Solages a affirmé qu’il avait déniché son affectation sur Internet.

Réouverture du pays

Par ailleurs, le premier ministre par intérim sortant Claude Joseph a ordonné la reprise des activités économiques au pays, y compris la réouverture de l’aéroport international de Port-au-Prince.

Lors d’un point de presse donné hier, M. Joseph a tenté de rassurer la population haïtienne, affirmant que la police avait le contrôle de la situation.

L’état de siège est maintenu en Haïti. Les forces de l’ordre ont ainsi le pouvoir de procéder à des perquisitions et des contrôles sans mandats et celui d’instaurer des mesures de sûreté spéciales.

Source: radio canada

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