Violence conjugale, un lien avec la pandémie de la Covid-19 ou la perception mondiale sur le droit de la femme?

GETTY IMAGES/MOMENT/ THIANCHAI SITTHIKONGSAK

Selon les données de Statistique Canada, en 2016, 40 577 victimes de crimes commis par un conjoint ou un ex-conjoint ont été rapportées aux services de police. Parmi les victimes, on comptait 31 798 femmes (78 %) et 8 779 hommes (22 %). Et selon les données de Assaulted Women’s Helpline, la ligne d’assistance téléphonique pour les femmes victimes de violence a enregistré une hausse de 60 % des appels pendant la deuxième vague de l’épidémie, par rapport à la même période en 2019.

Selon les chiffres recueillis, 20 334 appels ont été reçus entre le 1er septembre et le 31 décembre 2020, par rapport à 12 352 au cours de la même période en 2019, a précisé Yvonne Harding, responsable du développement des ressources d’Assaulted Women’s Helpline.

Qu’est-ce que la criminalité entre partenaires intimes ?

Elle désigne des « actes de violence commis entre partenaires intimes qui ont été signalés aux services de police au Canada ». La violence entre partenaires intime réfère à des événements dont la victime est âgée entre 15 ans et 89 ans et dont l’auteur présumé est un conjoint (de fait ou marié), un ex-conjoint (séparé, divorcé ou ex-conjoint de fait) ou un partenaire amoureux. Les partenaires intimes de même sexe sont inclus dans les statistiques.

Les causes de la violence conjugale

La plupart des victimes de violence conjugale veulent comprendre pourquoi leur conjoint agit ainsi envers elles. « Pourquoi me traite-il de cette façon? » « Qu’ai-je fait pour mériter ça? »

Elles se culpabilisent et croient, souvent à tort, qu’elles sont responsables de la violence qu’elles subissent.

Il faut chercher dans l’histoire l’origine de la violence faite aux femmes. À l’époque de la Rome antique, par exemple, un mari avait droit de vie ou de mort sur son épouse, comme sur ses esclaves.

Chez nous comme ailleurs, le contraste dans l’éducation des garçons et des filles explique en partie la « victimisation » des femmes. À une époque encore récente, la jeune fille était éduquée à l’obéissance et valorisée lorsqu’elle était douce et dévouée. Le jeune garçon, quant à lui, était éduqué pour conquérir et reconnu comme « un vrai gars », lorsqu’il gagnait en utilisant la force et la ruse.

Aujourd’hui, bien qu’elles prennent davantage leur place aux côtés des hommes, les femmes se font constamment rappeler qu’elles doivent se préoccuper de leur corps et de leur apparence afin de plaire aux hommes (hypersexualisation). Apparemment plus affirmées et indépendantes, certaines jeunes femmes demeurent soumises au regard des hommes et finissent par accepter des comportements intolérables dans leurs relations amoureuses.

On ne peut expliquer avec précision chaque cas de violence conjugale mais nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’un phénomène mondial, où les hommes utilisent le pouvoir que leur confère la société dans laquelle ils évoluent, pour dominer leur partenaire.

Les causes de la violence conjugale sont complexes. Elles proviennent de notre éducation, des préjugés envers les femmes et des privilèges accordés aux hommes dans notre société. En fait, la violence conjugale est le résultat des inégalités entre les hommes et les femmes.

Au Canada, la femme a acquis le statut juridique de personne, en 1929. Avant cette date, la femme était considérée comme la propriété des pères et des maris. 

Pascal s’est entretenue avec Sandrine Lebon sur la perception de la violence conjugale – 1ere partie
Pascal s’est entretenue avec Sandrine Lebon sur la perception de la violence conjugale -2eme partie

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